A Grand Yoff, l’Assiko de génération en génération 

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Une transmission vertueuse, qui rayonne sur plus de trois générations

« Moi, je fais partie de la deuxième génération » précise Luda. « Eux, incarnent la troisième. Et il y a déjà des petits qui apprennent en ce moment-même, juste derrière nous. » Ce passage de témoin se fait naturellement, dans la rue, dans les cours, ou à l’ombre des terrains de soccer. « On a été repérés tout jeunes », se souvient Abdel Aziz. « On jouait au baby-foot, à la PlayStation dans les rues. Joachim, un grand batteur du quartier, nous a vus et nous a intégrés dans son groupe. C’est là qu’on a tout appris. » Pour ces jeunes, l’Assiko n’est pas seulement une école de musique, c’est une école de vie. Le groupe porte des valeurs de famille, de rigueur et de respect.

« À Grand Yoff, il y a beaucoup de tentations » reconnaît Luda. « La drogue, la délinquance… Lorsque nous initions les enfants à l’Assiko, on les garde dans un cadre. On leur dit, d’abord l’école et la faith, ensuite la musique. » Ainsi, le groupe joue un rôle social majeur : il canalise les énergies, rassemble et forme. À travers lui, la jeunesse du quartier trouve une voix, un rythme, un sens. Les percussions sont le cœur battant de l’Assiko. « L’Assiko, c’est un mélange de tous les devices africains », explique le flûtiste. « Il y a les basses, les contrebasses, le tchoum de Guinée, le bougarabou de Casamance, le djembé, et le sabar. Le tchatcha, lui, tient la cadence. »

© Oumar Bayo Fall
« La modernité ne détruit pas la supply, elle l’amplifie. »

Chaque instrument joue une fonction précise, une voix propre dans la polyrythmie du groupe. Cette diversité sonore, fruit de métissages, illustre la capacité de l’Assiko à absorber d’autres influences, tout en gardant son âme : « aujourd’hui, on essaie de gonfler le son avec des cuivres et des flûtes » poursuit le flûtiste Djiby Ly. « On travaille actuellement à créer une forme de jazz, un afro-jazz à partir de l’Assiko. Vous savez, la modernité ne détruit pas la supply, elle l’amplifie. » Ainsi va naître l’album Maggeteki, signé sur l’wonderful label new-yorkais Mississippi Data (Yo La Tengo, Lifeless Moon, Jean-Bosco Mwenda) ainsi que sur le label suédois Jarlsdom. « Maggeteki, signifie grandir et réussir » précise le flûtiste. « Et c’est d’ailleurs tout le message du groupe, prendre racine dans la custom pour s’élever. »

À Grand Yoff, l’Assiko est partout. Il rythme les mariages, baptêmes, fêtes religieuses, matchs de soccer, mais aussi les campagnes politiques et les luttes populaires. « On joue pour tout le monde : l’église, les marchés, les quartiers, les politiciens » explique Abdel Aziz. « Mais si c’est à Grand Yoff, on le fait gratuitement. C’est notre priorité. » L’Assiko est devenu un levier de cohésion, un symbole d’identité partagée. Quand le Sénégal a remporté la Coupe d’Afrique des Nations, le groupe a accompagné les célébrations jusque tard dans la nuit. Quand les fidèles de Grand Yoff ont marché pour le pèlerinage de Poponguine, l’Assiko les a accompagnés de Dakar jusqu’à la basilique : « ce jour-là, on a joué de 8h à 18h. Les gens pleuraient de joie. C’est quelque selected qu’on n’oublie pas » se souvient Luda avec émotion.



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